mercredi 22 mai 2013

Téléchargement : Daft Punk – Horizon



Si le choix m’avait été donné, j’aurai préféré naître au Japon, pour plein de raisons mais aussi et surtout parce que les japonais ont toujours/souvent droit à des pistes exclusives sur les albums de musiciens. Certaines valent vraiment le coup, d’autres moins. Vous l’aurez compris, Daft Punk ajoute une piste pour les utilisateurs d’iTunes Japon.

Cette track supplémentaire s’appelle « Horizon » et vous pouvez la télécharger en cliquant sur le lien ci-dessous. Enjoy.

Lien :
- Télécharger Horizon



vendredi 17 mai 2013

Paper Diamond – Paragon EP



Paper Diamond – Paragon EP

Genre : Electronique, Dubstep, Divers

Sortie : avril

Pour cette chronique en mode « revival » du blog, je voulais m’attarder légèrement sur cet EP de Paper Diamond sorti récemment. C'est une sorte de diamant brut qu’il conviendra d’élaguer avant d’en apprécier la contenance et la véritable saveur. Soyons clairs dès le début : les 11 pistes ne sont pas toutes complètement folles. C’est d’ailleurs ce qui est étrange dans ce disque, puisque le producteur s’amuse à pondre quasi à chaque fois un truc super efficace, une mélodie terrible qui te prend du bide en remontant jusqu’aux cervicales… juste avant de te caler un clavier façon Ace of Base qui détruit tout l’édifice construit. A l’inverse, Paper Diamond est capable de composer quelques notes dégueulasses et sans saveurs puis, au moment où tu t’y attends le moins, créer un air violemment efficace.

Si l’électronique est le fil rouge de cet album, on sent également que le producteur a cherché à jouer la carte de l’éclectisme car les musiques se suivent mais ne se ressemblent pas. On part d’un « They can’t tell me nothing » ultra-putassier qui sent les 90’s à plein nez, le Thunderdome ressuscité, en passant par « Like a summer breeze » clairement plus hip-hop jusqu’à « Waste my time feat J. Fresh » dubstep comme pas deux.

Bref, ceux qui n’aiment pas tanguer et qui ont le mal de mer musical peuvent d’ores et déjà rester au port. Paper Diamond nous sort 9 titres putassiers à souhait qui balancent donc entre le très bon et le très moyennement appréciable. Pourtant l’album forme un tout amusant à écouter, dans lequel on se prend à s’exalter et à détester le producteur plusieurs fois pendant l’écoute des titres. Etrange, mais franchement loin d’être désagréable.

Neska



vendredi 5 avril 2013

Rocé - Gunz n’ Rocé (Differ-Ant)



Rocé - Gunz n’ Rocé (Differ-Ant)

Genre : Hip-hop, Rap

Sortie : 4 mars

La règle primordiale pour l’écriture d’un spectacle - comique ou non - est de soigner l’introduction et la chute. Le reste, c’est du remplissage, pour ainsi dire. Pour son Gunz n’ Rocé, l’artiste a respecté ce schéma à la lettre : comprenez que la première piste (“En Apnée”) et la dernière (“Magic” feat Manu Key) sont de vraies merveilles. Pour l’introduction de son album, Rocé semble vouloir faire passer un message : je ne suis pas mort, le rap non plus puisqu’il doit continuer à dénoncer, je suis militant jusqu’au bout. Même l’instrumentale traduit ce message : beat ultra lourd façon boom bap, sur une boucle très épurée. A l'ancienne. Le message semble primer sur le reste. Bref, Rocé nous prévient qu’il n’a pas oublié ses fondamentaux. Dans un texte excellent de bout en bout, les références à tout cela sont nombreuses : “La street credibility vous allèche ? Bah je vous la laisse” et dénonce “Les vrais savent mais les vrais se taisent, ont la flemme d’aller parler”, ou encore “Garder ses rêves et les brandir avant la chute, avant la chute // Parce que j’ai accepté d’grandir mais pas de rouiller en adulte” dans le titre “Assis sur la lune”. Les élèves les plus assidus n’auront pas oublié que dans le précédent opus Rocé balançait déjà “Alors ca joue les cailleras ne le prenez pas pour une insulte // Mais je suis l’un des seuls trentenaires à rapper comme un adulte” dans “Si peu comprennent”.

Rocé est un activiste du rap français depuis de nombreuses années maintenant. Plus de 10 ans après son premier Top Départ, la lucidité d’un seul de ses textes balaye d’un simple revers de la main toutes les bêtises qui nuisent à cette musique depuis longtemps. Exit les clash Booba VS La Fouine que la plupart des vrais amateurs du genre exècrent. Bye bye le bling bling et les bijoux. Les thèmes abordés tout au long de ce Gunz n’ Rocé sont pourtant d’une terrible actualité. Si le MC est encore tant apprécié 10 après le début de sa carrière solo donc, c’est qu’il est “Actuel ok mais pas à la mode”, comme il le scande si fort accompagné de l’excellent mais beaucoup trop rare JP Manova (une vraie énigme du rap pour moi, au passage).

Il est toutefois difficile de parler de toutes les musiques de cet album tellement c’est une vraie galette comme on en fait trop peu quant au rapport densité-qualité des textes. Cette primeure se vérifie aussi avec quelque chose de trop rare et dont les aficionados du téléchargement ne pourront pas se délecter : le livret qui contient tous les textes de cet album. Nous devons être très peu à continuer à d’une part acheter des CD, d’autre part à lire les textes pour les décortiquer, les comprendre, les relire cent fois. Et y prendre toujours autant de plaisir. Ils sont pourtant nombreux ceux sur lesquels on mériterait de s’attarder. Celui de “Du fil de fer au fil de soie”, complètement taillé pour le live (je l’ai vérifié lors de son dernier passage à Paris) ou celui de “J’rap pas pour être sympa”. “J’parle langage soutenu travaille l’élocution // J’rap langage soutenu travaille révolution”, est une phase représentative de Rocé.

Tellement actuel Rocé, que le titre “Habitus” aurait pu (dû ?) être écrit beaucoup plus tôt. C’est une musique qu’on devrait passer dans les collèges, les lycées car comme on pourrait dire, le mec a tout compris et on peut le résumer avec ce passage : “C’est une règle sociale, on s’adapte à notre monde // L’accent, le verbe, la phrase te reflète, te ressemble (...) Les mots qui te servent à parler reflètent l’écho des autres // T’as pas encore conscience que le langage est ton passeport // Plus tard faudra que tu parles bien ou bien que tu parles fort”.

Nous arrivons aux confins de Gunz n’ Rocé alors qu’arrive “Le sourire des villes”, sur l’impact du sourire dans les scènes de la vie. Comme un cliché, on pourrait dire que le monde est devenu individualiste, que notre ère tourne autour du chacun pour soi. C’est ce que traduit peu ou proue Rocé dans ce titre que je trouve toutefois assez pessimiste. Rocé a donc soigné le contenu de cet album avant de le terminer sur “Magic” feat Manu Key. Cette musique termine l’album comme “Demain c’est loin” clôturait L’école du micro d’argent : un long épilogue sans refrain, qui va droit à l’essentiel, qui soigne tant le fond que la forme. Magique, en effet.

Neska

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samedi 30 mars 2013

Veence Hanao - Loweina Laurae (Auto-produit)



Veence Hanao - Loweina Laurae (Auto-produit)

Genre : Rap, Chanson

Sortie : Février 2013

J'ai souvent tendance à m’ennuyer les dimanches après midi... Surtout sous un temps pluvieux pour tout dire. Quoi que... Il n'y a pas vraiment de règle, c'est comme ça, je me fais chier un point c'est tout. Tellement, que je me suis même retrouvé sur Google a tapé « J'm'emmerde ». Et apparemment Veence Hanao, rappeur belge d'une trentaine d'années connaît le même sort. Sauf que lui, il en écrit des textes qu'il rap ou chante selon son humeur. Moi a part rien foutre, je fais pas grand chose. Alors je ne vais pas faire le couplet « De la Belgique je ne connaissais que untel / machintruc et le Roi » mais c'est vrai qu'un rappeur belge c'est assez original pour être signalé. En fait je connais un autre artiste belge qui lui ressemble fortement mais j'en parlerais plus bas.

Autant prévenir maintenant, on est là face a un album cynique, noir, cru, assez pessimiste, personnel mais pourtant (surtout ?) poétique, beau et singulier. Pas de répit, peu d'espoir, le soleil peine a percer la couche de crasse, le tout est néanmoins étonnamment lumineux. Quelque chose de franc, de sans concession, se dégage de ce disque. Veence Hanao dépeint un quotidien fait d'errances nocturnes, de coups d'un soir, de soirées alcoolisées entre potes où il est « strictement interdit de pisser dans ses Stan Smith ». De mélancolie et de pornstars. D'amour et de Violence. D’ennuis et de solutions. Le tout porté par un flow nonchalant, complètement désabusé, jamais très loin de la chanson.

Mais ça ne s'arrête pas là. Si le tout est aussi marquant, les instrus y sont pour beaucoup et desservent à merveille flow et textes. Mieux elles les subliment. Tout part souvent d'un sample jazzy, détruit, asphyxié, auquel on a l'impression de retirer jusqu'à son groove pour n'en garder que sa fragile beauté. Vient s'ajouter à ça des boites à musique maladives et des rythmiques électroniques boiteuses. Le genre de rythmique qui rêve de tout matraquer, de faire danser les foules, d'entrevoir elle aussi son moment de gloire mais qui, harassée par son propre poids, ne tient plus, vacille puis tombe. Ne reste que l'émotion, la force d'arriver à se relever. Très humaine finalement. Des bruits de fond se font entendre, craquements, captations de discussions diffuses au fond d'un bar, la pluie, l'orage, le climat gronde. Tout ça vient ponctué le disque d'une bien belle manière.

Et au milieu du disque, l'apogée, le must. D'abord « Mickey Mouse », ce morceau mérite une écoute rien que pour son humour cinglant et sa construction géniale. Je n'en dis pas plus, vous raconter ce morceau relèverait du spoil. Puis vient la « Violence » clairement mon morceau préféré de l'album. Déjà le titre commence fort « Derrière les vitrines, des mannequins sans têtes / Des strings ficelles s'écoulent comme si rien ne s'était passer la veille. » On rentre dans un monde violent façon visite guidée du genre 'tourner la tête à droite, vous pouvez y admirer un meurtre'. « Face au chalumeau / un couple de vieux ligoté dans une cave / regrette les coffres à domicile ». Tout ça sur une sorte de marche funèbre où un synthé superbe ne finit plus de mourir et de revenir aussitôt.

Plus j'écoute, plus je trouve que Veence Hanao entretient une ressemblance avec « Carl » artiste tout aussi singulier (qui revient très prochainement avec un nouveau projet : « Carl et lesHommes-boîtes »). Il y a trop de rapprochements : déjà le pays, le même genre de flow désenchanté, les thèmes abordés et les deux collaborent régulièrement avec le très bon beatmaker « Noza » Qui est... Belge lui aussi. Ah bah tout s'explique alors.

Mais Veence Hanao a su créer son propre univers, à l'écoute de ce Loweina Laurae, il ne pleut pas des références, il dégouline plutôt une sincérité et une musicalité exemplaire. Notons que Veence Hanao a entièrement écrit /composé/auto-produit cet album. Un résultat de cette qualité, c'est vraiment rare, chapeau ! Un album, que l'on écoutera certes pas pour épater son entourage mais plutôt au fond d'une nuit noire pour qu'enfin, ils brillent d'quelque chose, nos yeux.

Skowz

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mercredi 27 mars 2013

Woodini – Jungle on Fire + CONCOURS (Believe)



Woodini – Jungle on Fire + CONCOURS (Believe)

Genre : Electronique, Breakbeat, Divers

Sortie : Février

Merci à tous pour vos contacts. Les EP sont partis comme des petits pains. Le concours est donc terminé ! 

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CONCOURS – 5 EP « Jungle on Fire » offerts  //// Les plus rapides à envoyer un mail à l’adresse adiktmag[at]gmail.com gagneront un EP… et éventuellement une bière avec Woodini et moi-même. N’oubliez pas de préciser vos noms, prénoms, adresse et sexe de votre chat.

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Petit à petit, Woodini fait son nid. Le producteur avait déjà fait ses preuves et séduit un vaste public autour de son premier EP « Chrysalid », pour lequel j’avais d’ailleurs interviewé le principal intéressé. Depuis, Woodini a pris son temps en mijotant une seconde salve qui a pris place le mois dernier sous la forme d'un nouvel EP baptisé « Jungle on Fire ».

Woodini semble logique dans sa démarche, qui se veut totalement justifiée, puisqu’il avance musicalement sans brûler les étapes nécessaires. Déjà, à l’époque du premier opus, ses influences paraissaient assez nettes et, comme il le dit lui-même, assez proches des ambiances d’un Flying Lotus ou de Mount Kimbie - bien que la musique de Woodini soit moins downtempo, un brin plus énergique.

A force de répéter des références, on y attacherait presque de l’importance. Mais à bien tendre l’oreille, le producteur a clairement progressé dans sa propre voie : Jungle on Fire est plus minutieux que son petit frère, plus « jusqu’auboutiste ». Comme un fromage plus affiné qu’un autre : il a plus de saveur et de caractère. Woodini s’amuse avec de nombreuses ambiances cristallines, mais travaille surtout sur cet EP les voix, qu’elles soient samplées/bouclées (toutes les pistes en comportent) ou avec une chanteuse (en l’occurrence Fanny, déjà présente sur la première galette). Les amoureux du premier essai y retrouveront la manière particulière de Woodini de syncoper sa musique, d'y ajouter un côté aérien appréciable.

Jungle on Fire est donc la suite logique de Chrysalid. Mais surtout, il est de très bon augure pour un futur projet (plus long ?) de Woodini, que vous pouvez aussi apercevoir sur scène en région parisienne assez régulièrement depuis quelques temps.

Neska



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mercredi 6 février 2013

Hello Kurt – Spectres (Indépendant)



Hello Kurt – Spectres (Indépendant)

Genre : Electronique, Ambiant, Chant, Divers

Sortie : 2012

« Les spectres salissent les reflets, c'est leur revanche ». C’est ce qu’on apprend de plus important en lisant la très concise présentation de Hello Kurt. C’est aussi un premier morceau de poésie qui fait écho aux 6 morceaux que contient ce « Spectres », intriguant au début ; hypnotisant, à l’arrivée. D’ailleurs, l’EP commence par l’éponyme « Spectres », lente envolée musico-électronique. Cette piste synthétise un peu l’esprit de l’album, et probablement celui de son instigateur, baptisé dans la vraie vie Xavier Thiry. Lourd synthé, rythmique doucement syncopée en arrière-plan, comme l’orage qui gronde, au loin. On ne sait pas trop à quoi s’attendre, si la foudre frappera au centre du village ou s’en ira jeter ses éclairs à l’horizon. Le calme avant la tempête : c’est ainsi qu’on rentre dans ce premier titre et par la même occasion, dans ce plutôt sombre EP.

Hello Kurt prend le temps de poser les fondations avant toute chose. Le temps s’écarte, laisse place à la mélodie qui s’agrémente ensuite d’une voix, spectrale, fine et doucement dissimulée sous la masse de ce rythme qui devient de plus en plus entêtant. Trois minutes passées. Et l’orage s’abat finalement sur ta gueule. Le musicien nous concocte ce que j’aime appeler une cathédrale sonore, une sorte de musique à étage (à ne pas confondre avec musique d’ascenseur) lorsqu’on passe un palier pour entrer dans quelque chose de plus vif, plus rapide, plus prenant. Plus putassier peut-être, ce qui se vérifie sur « Sélénite ». D’emblée, l’impression d’être dans un vieux jeu vidéo, période début 90’s. C’était sans compter le chant, puisque (on me dit jamais rien à moi) Xavier Thiry chante. Etienne Daho sous X. Texte étrange, mélangé à un synthé qui dispense la chaleur d’un vieux Korg. Des pistes chantées, il y en a une seconde : « Adieu ma fiancée ». Plus rien à voir, on passe dans un autre monde : « Lève les yeux, et regarde-moi ». Chant triste sur deux notes qui le sont tout autant.

Revenons-en à cet EP, et à « PanEuropean », musique sous de faux air de Kraftwerk, et ses trois notes criardes violement électroniques. Musique alcoolique qui évolue finalement d’une manière totalement inattendue, cuivre qui pointe son nez. C’est de la musique électronique à écouter dans une église, par son côté envoûtant, légèrement mystique.

Finalement, ne comprenant pas grand-chose à ce que j’écoutais, je me suis décidé à envoyer un court message à Xavier. J’ai connu Hello Kurt sur un réseau mais c’est surtout via un remix de Mondkopf, petit génie de la musique électronique dont le premier album m’avait fait planer, 100 bornes au-dessus des nuages. La dernière musique de cet EP est un remix de « Spectres » signé par… Mondkopf. Réponse de l’intéressé : « On s'est connus sur un forum ! Qui s'appelait Infratunes à l'époque et qui s'appelle dMute maintenant. Et après il y a eu des échanges entre nous (j'ai masterisés des titres pour lui, et puis des échanges de remix, ensuite). Hello Kurt est né parce qu'il fallait que je trouve un nom pour un remix que j'avais fait d'un titre de lui ». Tout s’éclaire.

Restait encore un mystère. Mais qui est Josquin des Prés, qui signe « Missa Hercules » ? « Compositeur franco-flamand de la Renaissance », période musicale qui précède l’âge baroque, m’indique Wikipedia, qui me précise aussi qu’il est mort en 1521. Plutôt en forme, le Josquin ! « Je m'intéresse à ces musiques, qu'on appelle polyphonies, et surtout à leur technique d'écriture (le contrepoint). C'est une façon d'aller chercher un peu de frais dans le passé, et justement je trouve qu'on y entend parfois des choses très facile à entendre avec une oreille d'aujourd'hui, comme justement ce morceau que j'ai eu envie de reprendre... ». Tout est dit. Xavier Thiry remet donc au goût du jour des artistes du 16ème siècle. Tout aussi mystique que cet EP, qui vaut le détour.

Neska

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lundi 21 janvier 2013

The Wooden Wolf - 14 ballads Op.1 (Autoproduction)



The Wooden Wolf - 14 ballads Op.1 (Autoproduction)

Genre : Folk, Chanson, Balades

Sortie : 10 décembre 2012

Vous êtes désormais un peu plus de 300 à suivre l’actualité du blog sur Facebook, et à écouter les sons distillés de temps à autre par ce canal. C’est aussi cette page sociale que choisissent certains groupes/artistes pour me contacter de temps à autre, comme The Wooden Wolf, qui en l’espace de deux morceaux m’a (très) rapidement séduit.

Pourtant, les libellés du groupe n’avaient pas grand-chose pour draguer le fan de boom-bap que je suis : folk alternative, country… A priori, je n’ai pas de chapeau de cow-boy, et je ne sais danser ni le madison ni le quadrille (clichés-time). Mais parfois, la musique suit un chemin prédéterminé qui va directement des enceintes jusqu’au cœur en passant par les oreilles. Chemin qu’a emprunté The Wooden Wolf sans ménagement.

Je trouve tout de même assez rarement des morceaux profonds, calmes, mélancoliques et légèrement noirs. La dernière fois, c’était avec l’album « Diamond Mine » de Jon Hopkins & King Creosote, que j’écoutais encore récemment. C’est l’occasion de rêvasser en s’envolant sur de la poésie musicale : j’ai ressenti les mêmes sentiments à travers les 14 pistes de ce « 14 ballads Op.1 », accompagné par une guitare triste souvent, par un violoncelle parfois.

Dans sa petite bio, le chanteur et seul acteur de ce superbe projet, Alex Keiling, cite ses influences, ses maîtres en l’occurrence, des vieux loups comme Nick Drake, Leonard Cohen ou Bonnie ‘prince’ Billy. Ma maigre culture musicale de ce genre-là me rappelle tout autre chose. C’est la voix d’Alex, plaintive parfois, qui exhume celle du chanteur d’Archive, période Unplugged, sur une piste comme « Goodbye » par exemple… Ça se passe de commentaires.

Le géniteur du projet, comme il dit, parle d’une musique née au large du Canada. Mais ce disque est bien français, de l’Est de la France. Et il pue la sincérité. Je regrette simplement de n’avoir pas encore mis la main sur le coffret vendu 10 euros, qui contient également les paroles. The Wooden Wolf, c’est donc la première magnifique découverte d’une année 2013 qui commence décidément très bien.

Neska

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vendredi 28 décembre 2012

2012 : le grand récapitulatif


2012 : le grand récapitulatif


Exit les « Top » que je n’ai jamais vraiment apprécié, je vais tenter de vous passer en revue l’année 2012 avec les artistes que j’ai apprécié, ceux que j’ai découvert, ceux qui nous ont quitté, qui nous ont déçu, qui nous ont enchanté et tout simplement troué le cul (appelons un chat un chat). Je ne suis donc pas super fan de « Top » au sens propre mais je vous engage quand même à aller jeter un œil  à celui de l’Abcdrduson qui est fort bien conçu, comme chaque année.

Comment ne pas commencer ce papier par un hommage. Tout d’abord à DJ Mehdi qui nous a quitté il y a plus d’un an désormais. L’autre énorme perte de 2012 est celle de MCA alias Adam Nathaniel Yauch, membre du célèbre pour l’éternité groupe des Beastie Boys. Hommage, donc, à ces deux hommes hors normes.

Cette année 2012 a été pour Adikt celle d’un léger creux au niveau de la production d’articles comme vous avez pu le constater. Le blog n’est pas mort, mais le temps manque parfois/souvent. Du coup, on a passé pas mal de temps sur les réseaux sociaux, à raconter des conneries sur Twitter (@adiktblog) et à balancer beaucoup de son sur Facebook, où vous pouvez toujours nous rejoindre. Coup de chapeau en passant à mes confères blogueurs qui durent (et au meilleur : Chroniques Automatiques) et salutations à SWQW qui remplace les Chroniques Electroniques. Et hommage à des concepts qui nous auront bien fait kiffer durant l’année : je pense surtout à l’émission Piège de Freestyle, qui est toujours un régal pour les oreilles.

Pour faire simple, j’ai découpé les artistes de l’année 2012 en des catégories complètement grossières : rap français, hip-hop, électronique, chanson et inclassable. Et nous allons commencer avec le paragraphe sur le rap français.

NB : tous les liens mènent vers les vidéos ou le streaming.

2012 : un grand cru du rap français


Effectivement, cette année aura été particulièrement riche dans le genre, avec des artistes qui semblent avoir trouvé un nouveau souffle, une direction artistique non pas novatrice mais foncièrement différente. C’est peut-être l’âge, les MC qui passent la trentaine sereinement et passent à autre chose.

Peut-être parce que ça fût l’une des premières grosses gifles de 2012, je commence par cette association Ahmad X Lartizan sur le titre « Big Ben ». Une superbe collaboration sur une instru qui me rend encore dingue. De son côté, le montpelliérain Ahmad a prouvé qu’il était l’un des meilleurs lyricistes du rap jeu, de l’autre, Lartizan (et son label LZO) continue à promouvoir de très bons artistes et projets. Allez leur faire un bisou sur leur site. Dans un genre qui me fait irrémédiablement penser à celui du MC de Montpellier, Kussay et son groupe The Smokes ont été discrets et productifs à la fois. Discrets, car ils n’ont pas fait le buzz comme d’autres, mais productifs parce que j’ai découvert leur univers sur différentes vidéos. Félicitations pour ce rap-blues qui sort un peu de ce qu’on entend d’ordinaire.

Enfin, on se rassure aussi parce malgré le temps qui passe, certains ne changent pas, mais évoluent. C’est le cas du Klub des Loosers, et de cet album complètement dingue qu’est « La fin de l’espèce ». En live, Fuzati est toujours aussi nul (même si ça vaut le coup quand même pour écouter ses impros débiles et se faire cracher dessus, à l’occasion) et Detect toujours autant apathique. Mais bon... on les aime bien quand même. 2012 a été l’année de la réécoute également. J’ai pas mal réécouté ce mec trop peu connu, K.Oni, son débit et son intelligence. J’ai réécouté Samm Coloquinte et ses 16 titres bien lourds, comme avant.

On se rend de plus en plus compte également que le rap Marseille VS Paris, c’est bel et bien terminé. Personne ne pourra dire le contraire ; il suffit de jeter un œil à la province et notamment dans le grand Ouest. Ceux qui me connaissent et me suivent savent que je suis un inconditionnel de Psykick Lyrikah et de son MC, Arm. 2012 n’aura pas été un cru mémorable même s’il ne faut pas oublier la sortie du presque anecdotique « Acte II ». 2013 s’annonce toutefois sous de meilleurs auspices avec déjà une première petite bombe signée Arm. Puisqu’on est dans les chouchous, un énorme merci au plus bouillant des MC, j’ai nommé Grems aka Supermicro. Dingue en live, visionnaire et graphiste de génie, seul ou accompagné il reste et restera l’une des plus perles du rap français (j’insiste sur rap français puisqu’il en a fracassé les codes à de multiples reprises et encore récemment avec PMPDJ). Allez jeter un œil à La Fronce, ce collectif de rappeur psychopathes qui font des étincelles. Comment, donc, ne pas citer mon toulousain préféré, Tchad Unpoe, sa gentillesse et sa disponibilité, et son super album « Undoe » disponible gratuitement !

Dans la capitale, le C.Sen continue son bonhomme de chemin et rend chaque morceau un peu mieux que celui d’avant. Je lui prédis d’office une grande année 2013. Car l’année qui vient de s’écouler sera fatalement placée sous le signe d’un seul rappeur : Youssoupha. Excellent de quasi bout en bout, le rappeur a fait l’unanimité, et certains titres sont déjà entrés au panthéon de ce qui se fait de mieux dans l’hexagone. Sans album, Orelsan aura lui aussi continué à faire parler de lui tout au long de l’année avec ses différents clips notamment.

2012 signe aussi quelques revenants. Liquid tout d’abord, le rescapé du groupe lyonnais Les Gourmets, qui commence à se faire vraiment bien remarquer en solo avec quelques titres tous d’un très bon calibre. LE revenant de cette année reste toutefois Kimto Vasquez, du groupe Less du Neuf pour les anciens, avec des titres géniaux, à l’image de « L’océan ». Auteur d’un EP 5 titres que j’ai écouté des dizaines de fois, Iraka est lui aussi l’un des mecs trop rares qu’on aimerait voir bien plus souvent.

Enfin, mes deux découvertes rap de l’année. La première, c’est deux petits jeunes géniaux, Big Flo & Oli, et qui devraient eux aussi faire beaucoup de bruit en 2013. Enfin, découvert sur le tard de cette année 2012, Lucio Bukowski, dont l’achat de l’album a été rapidement rentabilisé puisque je l’ai déjà beaucoup écouté.

Je termine ce paragraphe sur une note de rap américain. J’en ai eu carrément marre d’entendre les mêmes noms tourner sur les réseaux sociaux toute l’année. A tel point que je n’ai quasi pas écouté les Kendrick Lamar, Roc Marciano, 2 Chainz et consorts. Je me ferais mon propre avis plus tard, quand ceux qui les auront éclipsé feront le buzz. Si je devais retenir trois choses en rap américain, ce serait celle-ci : la collaboration Ira Lee & Thavius Beck, le très bon album de Radioinactive et le phénomène Action Bronson.

Je ne peux pas terminer sans citer des artistes en vrac, tous géniaux : le meilleur groupe de hip-hop japonais du monde, Tha Blue Herb et l’EP « Still Raining, Still Winning » sans oublier l’album « Total », mais aussi l’album d’Andy Kayes et ses très bons featurings notamment, le classique « Mon refuge » de L’Indis et enfin, gloire au label nancéien Ici D’ailleurs, l’association géniale qui a donné vie au groupe Number Not Names.

Et un peu de producteurs...


Au rang des producteurs, je voulais tout de même souligner la découverte de Dnte et de ce morceau « Could we dance », simplement parfait. Dans un registre pas si éloigné que ça, je vous invite aussi à vous jeter sur le Soundcloud de Guts, qui contient quelques pépites qui ont beaucoup tourné sur mon ordi.

Comment oublier de citer l’immanquable Flying Lotus et son « Until the Quiet Comes » ou le moins remarqué mais très bon « 12 Bit Blues » de Kid Koala. Enfin, puisqu’il faut parler du phénomène C2C, je vous invite à écouter le remix de « Down the Road » par les japonais de Hifana. Juste… hifanesque !

Registre électronique 


Je me dois de commencer par citer Woodini au registre des claques musicales, des découvertes et des rencontres. Au-delà de l’artiste, le mec est chaleureux, de bonne humeur et pas avare de petits pas de dance en concert ! A savoir qu’il a commencé les lives en cette année 2012, et que c’était plutôt réussi. Je salue donc bien bas son premier EP « Chrysalide » annonciateur d’une deuxième salve. Vous pouvez le suivre sur son Soundcloud où il est assez actif.

En musique électronique, il faut aussi souligner l’année du jeune producteur parisien Dream Koala dont le succès devrait se perpétuer et s’accentuer en 2013. Sur ce coup, je pense être un peu en avance, même si j’accumule souvent du retard. Cette année a été l’occasion pour moi de revenir sur certains sons à l’image de Seekae + Dome ou même The XX et leur longue « Intro » magistrale que j’ai beaucoup écouté. 2012 fût aussi une longue frustration, le temps de l’attente de l’album « Tohu Bohu » de Rone, album plein, complet, « ronesque » jusqu’au bout. Parfait.

Dans une veine beaucoup plus deep-house/electronica, la révélation de l’année fût pour moi Francis Harris et son « Leland » simplement magnifique. La force de cet album réside sans sa capacité à étonner perpétuellement, à épater avec ces rythmes jazzy et des voix merveilleusement bien travaillées. En termes de découvertes, j’ai écumé des milliers de fois les musiques de Long Arm et notamment la constamment étonnante « The Branches » ; comme un arbre, on la saisit au tronc avant de s’attaquer à mille branches différentes. Un pur bijou.

Passons à ce que je qualifierais vulgairement de dubstep avec un premier duo qui m’a épaté dans sa capacité à tirer le meilleur de Burial : Ghosts. L’EP en écoute sur le Web et que j’avais chroniqué est merveilleux, vraiment. La découverte du genre dubstep, c’est NKNWN (prononcez « unknow », je suppose) et il porte bien son nom : inconnu, on sait seulement qu’il serait russe, et qu’il distille des morceaux souvent excellents sur son Soundcloud. Croyez-moi, sa réputation commence à grimper doucement mais surement. Continuons sur cette lancée en parlant de J:Kenzo, mon petit chouchou de l’année avec ce titre puissant « Eyes Wide Open ». Enfin, Volor Flex a fait trembler mes enceintes des milliers de fois sur le rythme de ses basses vrombissantes à souhait.

Comment ne pas achever cette liste (par ailleurs très très incomplète) avec l’association qui personnellement me file toujours des frissons, celle de Burial & Four Tet avec Nova notamment. Ou même Burial tout court avec son « Street halo / Kindred ».

J’ai encore un petit goût amer puisque j’ai écumé des dizaines d’autres albums et donc, en vrac, voici ce que vous pourriez adorer : les derniers Crystal Castles, Clark et Squarepusher, le trop méconnu album « U & I » de Leila, le bel EP de Paulie Jan, un World’s End Girlfriend que je n’ai pas écouté, le « Lonerism » de Tame Impala, Jacques Green (immanquable), Tim hecker & Daniel Lopatin, l’excellentissime album de Phon.O, l’album remixs gratuit de Raoul Sinier « Covers ».

Pardon pour tous ceux que j’ai oublié.

Une année de chansonniers


C’est peut-être l’âge, mais je repars très souvent avec des disques de moins en moins hip-hop ou électro quand je vais fouiner dans les magasins. Du coup, je suis tombé sur des perles cette année. J’avais découvert The Tallest Man on Earth en 2011 si ma mémoire est bonne et son cru 2012, « There's No Leaving Now », est un merveilleux album. Il faut dire que la voix du monsieur peut te renverser à n’importe quel moment. Ce mec a une capacité à te faire chialer assez monstrueuse.

Dans le même registre, Matt Elliott excelle également, dans le registre des musiques lacrymogènes. Son album « The Broken Man » est une douceur exquise. Jamais 2 sans 3 : Maverick Sabre m’a aussi littéralement tué avec sa voix, dans la série des Bands in Transit.

C’est au Nord qu’il a fallu aller pour découvrir le très bon Olle Nyman et son album folk « Venture », qui vaut le détour. Dessa est venue s’en mêler et m’a flingué avec sa voix sur « Dixon’s Girl ».

La révélation que je n’aurai probablement pas du classer en chanson n’est autre que Alt-J (∆), ce fabuleux groupe dont l’album, « An Awesome Wave » est une merveille indescriptible de bout en bout.

Et puis, il y a les autres…


Je place dans cette rubrique de fin un de mes groupes préférés de cette année, pour plusieurs raisons : The Glass Half. Je le mets dans les inclassables puisque je suis incapable de dire que c’est tel ou tel style. C’est du rock-hip-hop-chant-psyché. C’est génial, ca décape, le chanteur a une voix monstrueusement belle, MatMat à la prod fait preuve d’une énergie et d’une créativité formidable. Bref, c’est un de mes gros coups de cœur 2012, et c’est signé (encore) sur LZO Records.

Enfin, je me suis trouvé confronté récemment à Fauve. Ce groupe et ce nom qui ne veut rien dire. Insignifiant. Et pourtant… La musique n’est pas particulièrement excellente. Ce sont les textes. Déclamés avec cette voix monocorde, sensible, et qui te pètent à la gueule alors que t’as rien demandé. C’est un sentiment très étrange qui est né quand j’ai écouté, des dizaines de fois, ces morceaux un peu fous.

Sur ce, je vous souhaite une belle année 2013.